Breeders’Crown : des couronnes et des promesses…

Vendredi 28 et samedi 29 octobre se déroulaient à Meadowlands (New Jersey) les finales de la Breeders’Crown, virtuel acte final de la saison des courses attelées aux États-Unis avant l’élection des chevaux de l’année. Les principaux animateurs de la saison n’ont cependant pas toujours eu le dernier mot alors que des promesses d’une saison 2017 remarquable ont déjà pu être lancées… Continuer la lecture de « Breeders’Crown : des couronnes et des promesses… »

BREEDERS’ CROWN : DERNIER SOMMET DE LA SAISON DU TROT US

Les six principales catégories de champions du trot américain seront au départ, vendredi et samedi soir, des finales de la Breeders’ Crown. Il s’agit du pendant à l’attelage de la fameuse Breeders’Cup, qui fut également lancée en 1984 par John Gaines, pape du galop US qui venait justement de l’élevage trotteur.

Cette année, c’est à Meadowlands que se déroulent ces courses de 1.609 mètres dotées de 250.000 à 600.000$. Continuer la lecture de « BREEDERS’ CROWN : DERNIER SOMMET DE LA SAISON DU TROT US »

GRAND CIRCUIT AU RED MILE : UNE COURONNE, UN CHRONO ET UNE RENAISSANCE

Dimanche 9 octobre, Lexington (Kentucky). – La réunion de clôture du meeting du Red Mile, dimanche 9 octobre à Lexington dans le Kentucky, a fait bien plus que tenir ses promesses, et pas seulement parce que le soleil a brillé toute la journée sur le dirt de cette piste mythique. Ce jour-là, on a tout de même sacré un neuvième gagnant de la Triple Couronne américaine des trotteurs à l’arrivée du 124ème Kentucky Futurity (3ans, 1 609 mètres, 384 000 €), Marion Marauder, drivé au millimètre par Scott Zeron. On venait alors d’assister à l’établissement d’un nouveau record du monde à l’amble, un chrono de 1’5’’95 (1’46’’ sur le mile) réalisé par l’athlétique Always B Miki et son driver attitré David Miller, pour l’entraînement de Jimmy Takter. Et pour couronner le tout, Broadway Donna a renoué avec le succès dans le Kentucky Filly Futurity (femelles de 3 ans, 1 609m, 278 000 €), aussi facilement dans sa batterie que dans la finale. La pensionnaire de Jim Campbell semble donc avoir retrouvé la forme au bon moment : « La dernière fois (fautive au Red Mile, ndlr), je pense être le responsable de son échec. Je voulais la déferrer derrière mais je ne l’ai pas fait et elle n’était pas à son aise. Elle avait été malade cet été et a saigné dans les Hambletonian Oaks (4ème, ndlr). Nous l’avons traitée au Lasix à partir de ce moment-là mais ça n’a rien donné de concluant avant ces dernières courses. Je suis heureux de l’avoir retrouvée et je pense qu’on la verra encore l’année prochaine. »

Mais le héros du jour a bien été Marion Marauder, même s’il a gagné du plus court des nez sur sa pointe de vitesse finale, pour priver une fois encore son grand rival Southwind Frank, comme à Meadowlands, d’un succès classique.

Scott Zeron a attendu le dernier moment pour coiffer son rival au poteau, exactement comme dans la batterie de qualification à la finale du Hambo deux mois plus tôt. Du coup, le neuvième gagnant de la Triple Couronne, puisqu’il a aussi remporté le Yonkers Trot entre ces deux victoires classiques, a gagné avec un nez d’écart à Meadowlands et d’une tête seulement lors de ses deux autres succès. Du travail d’orfèvre !

L’entraîneur du lauréat, Paula Wellwood, est aussi son copropriétaire avec son mari et son fils, joueur de football dans l’équipe universitaire des Marauders. Elle avait hésité à courir parce qu’elle craignait une course trop dure avant la Breeders’Crown, deux semaines plus tard, mais en la chargeant littéralement dans l’écurie, Marion Marauder lui a indiqué qu’il était au summum de sa forme et que l’inaction n’était pas la meilleure option. Il a donc été supplémenté dans la course pour un coût proche de 50 000 $ et il n’a pas semblé plus handicapé que ça par son N°11 tout en dehors de l’autostart, qui compte douze places au Red Mile… « Dans une course précédente, les 11 et 12 avaient fini dernier et avant-dernier, explique Scott Zeron, 27 ans, le plus jeune driver à avoir remporté une triple couronne US, et je n’étais donc pas trop confiant. Je me suis dit qu’on improviserait mais je n’avais aucune tactique en tête. Je me suis retrouvé derrière Bar Hopping, qui m’a ramené progressivement, et j’ai pu ainsi aller chercher Southwind Frank. » Marion Marauder est passé de la septième à la première place dans les quatre cents derniers mètres de cette splendide piste en terre et sable, travaillée spécialement pour accueillir le Grand Circuit de façon à favoriser les records.

En l’occurrence, Marion Marauder s’est contenté d’un chrono gagnant de 1’10’’, plus lent que les deux temps réalisés par Broadway Donna chez les filles (1’9’’2 et 1’9’’1), et bien sûr que les 1’46’’ d’Always B Miki à l’amble ! Entraîneur du premier cheval à passer le cap des 1’6’’ au kilomètre à l’attelé, Jimmy Takter semblait aux anges en allant sur le piste retrouver son crack, survivant de combats sans merci, ces deux dernières saisons, face à Freaky Feet Pete et Wiggleit Jiggle It. On sent une certaine admiration chez le grand entraîneur pour cet ambleur qui lui a encore une fois beaucoup donné et fait oublier ses relatifs échecs dans les deux grands classiques du Red Mile, dimanche.

S’il en est un, cependant, qui a une fois de plus fait carton plein, c’est bien l’étalon Muscle Hill : les trois premiers du Kentucky Futurity sont ses produits. Les éleveurs américains sont à l’affût de toute nouveauté intéressante pour croiser avec cet étalon inévitable désormais. Ce n’est pas chez les mâles de cette promotion qu’ils trouveront courant de sang nouveau !

Il faudra peut-être attendre la promotion classique de 2017, qui semble très prometteuse et plus « diverse » que celle de cette saison… Les 21 et 22 octobre prochains, on retrouve tout ce petit monde, les 2ans et les 3ans, au départ des batteries de qualification de la Breeders’Crown deux semaines plus tard, ultime rebondissement de la saison au top niveau.

En attendant, le canadien Flanagan Memory a bien gagné l’open des chevaux d’âge avec Brian Sears au sulky, très confiant pour son prochain rendez-vous sur les 2 011 mètres de l’International trot, samedi prochain…

LA BELLE AMÉRICAINE DANS LE KENTUCKY

Paula Wellwood et son Marion Marauder après le Hambletonian. Le second a attaqué la première aux écuries pour la convaincre de l'engager dans le Kentucky.
Paula Wellwood et son Marion Marauder après le Hambletonian. Le second a attaqué la première aux écuries pour la convaincre de l’engager dans le Kentucky.

Dimanche 9 octobre 2016, Lexington (Kentucky).- Demain dimanche se déroule à Lexington (Kentucky) la 3ème manche de la triple couronne américaine des trotteurs, le 124ème Kentucky Futurity (3ans, 1 609 mètres, 384 000€). Ils sont douze au départ dont le vainqueur des deux premières manches, Marion Marauder. Le pensionnaire de Paula Wellwood a remporté neuf de ses douze sorties cette saison, dont le Hambletonian à Meadowlands début août, d’un nez sur Southwind Frank, et le Yonkers Trot à Yonkers, d’une encolure sur SmallTownThrowDown, un mois plus tard. S’il gagne dimanche, Marion marauder deviendra le 9ème trotteur à réaliser le triplé, le premier depuis Glidemaster en 2006. Continuer la lecture de « LA BELLE AMÉRICAINE DANS LE KENTUCKY »

Jimmy Takter : Mr Lavec a été le déclic de ma carrière américaine

Foto: Martin Langels ALN Pressbild AB Solvalla 20140525
Foto: Martin Langels ALN Pressbild AB Solvalla 20140525

Dans une interview accordée à l’hebdomadaire hippique Harness Racing Update, l’entraîneur suédois Jimmy Takter, parmi les meilleurs aux États-Unis, a déclaré que contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est Mr Lavec et non Moni Maker qui a eu le plus d’influence sur sa carrière outre-Atlantique. Deuxième du Hambletonian 1993 et du Derby suédois l’année suivante, Mr Lavec appartenait en partie au professionnel scandinave, associé à Johan Dieden (dont les élèves portent la marque « Lavec ») et il a fait l’ensemble de sa carrière avec lui, tandis que Moni Maker, qui a remporté 5 fois plus de gains au cours d’une carrière internationale, a rejoint ses effectifs en fin d’année de 4 ans.
« Mr Lavec a sans doute davantage influencé ma carrière sur le plan financier mais aussi d’un point de vue chronologique, a expliqué Jimmy Takter. Il m’a permis de grimper un échelon. Je l’ai drivé sur l’ensemble de sa carrière, en Europe et en Amérique. Johan Dieden était aussi un partenaire très important, qui m’a mis le pied à l’étrier. Mr Lavec a terminé deuxième de Victory Dream dans le Hambletonian en 1994. peut-être que le lauréat était le meilleur mais à la décharge de mon cheval, il avait souvent des allergies en plein été. Il a d’ailleurs été battu aussi à cette époque de l’année dans le Derby en Suède, l’année suivante (par Good As Gold, ndlr). C’était un chic cheval, sinon. Je lui dois beaucoup. »
Moni Maker a remporté les Hambletonian Oaks avant de rejoindre l’écurie de Jimmy Takter, l’année suivante, et de s’imposer plus tard dans le Prix d’Amérique et l’Elitloppet, mais rater le grand chelem européen en devant se contenter de la deuxième place dans la Loterie de Naples (deuxième de Wesgate Crown -un ancien adversaire de Mr Lavec aux USA- en 1997.
Mr Lavec, qui a 25 ans et a ainsi survécu à sa glorieuse cadette, a passé toute sa carrière d’étalon au Canada, à Tara Hill Farm dans l’Ontario, chez David Heffering, auquel il a aussi beaucoup apporté : « Il a été notre premier champion. Il a du sang français (sa quatrième mère est une fille de Kairos, par The Great McKinney et la grande Uranie), ce qui le distinguait de la plupart des étalons disponibles alors. Il n’a pas produit de gagnant du Hambletonian mais l’Ontario correspondait assez bien car nous avions un riche programme de Sires Stakes dans la province. Son carnet est resté plein pendant une quinzaine d’années et ses produits ont pris plus de 40 millions de dollars en course. »
Moni Maker est morte en 2014 après avoir produit pour sa part 10 poulains dont un dernier, le 2ans International Moni, par l’étalon Love You, qui sera peut-être le meilleur de sa progéniture directe.

HAMBLETONIAN : GRANDE REVUE D’EFFECTIF À MEADOWLANDS

Samedi 16 juillet, Meadowlands (New Jersey). – Les principaux favoris de la grande journée du Hambletonian, programmée cette année le 6 août, étaient au rendez-vous samedi soir sur l’hippodrome de Meadowlands, près de New York.

Chez les mâles de 3 ans, le leader de la promotion la saison dernière, Southwind Frank, s’affirme encore cette année. Ce pensionnaire de Ron Burke a gagné sa batterie du Stanley Dancer, course de préparation au Hambletonian, en 1’10’’ sur la distance de 1.811 mètres qu’il a remportée après avoir trotté à couvert jusqu’à l’entrée de la ligne droite. Il n’a pourtant pas impressionné son entraîneur Ron Burke : « Je ne l’ai pas trouvé très impressionnant, a en effet déclaré le leader de la profession outre-Atlantique. Nous allons tirer les leçons de cette course à la maison. Nous avons un peu tripoté sa bride, ces derniers temps, pour le maîtriser un peu. Mais il va falloir revoir son équipement pour au contraire le laisser s’exprimer davantage, comme il était avant que nous ne fignolions. »

Dans l’autre batterie du Stanley Dancer, Marion Marauder, un autre fils de Muscle Hill, s’est imposé de bout en bout, facilement, sur le pied de 1’11’’3 (vidéo ci-dessous).

Chez les pouliches de 3 ans, c’est aussi la meilleure à 2ans qui confirme son leadership : Broadway Donna, gagnante l’an dernier du Jim Doherty (ex-Merrie Annabelle), championnat féminin des 2 ans lors du Hambo Day, s’est imposée au finish, de justesse (lire vidéo ci-dessous), mais en 1’9’’9 dans le Delvin Miller, tremplin vers les Hambletonian Oaks… C’était la troisième sortie officielle de la pouliche cette saison après trois requalifications pour commencer. « Nous avons pris notre temps parce que c’est une pouliche de premier plan et qu’il n’y avait pas de raison de se presser », a expliqué son entraineur Jim Campbell.

Dans la seconde batterie de cette épreuve, les juges à l’arrivée n’ont pu départager Woman Will, qui venait de devancer Broadway Donna sur la piste de Philadelphie et semblait avoir course gagnée à deux cents mètres du but, et la franco-américaine Unica Steed, propriété de AB Trot issue de l’étalon US Muscle Yankee et de la championne Première Steed. Sous l’entraînement de Fabrice Souloy et Eric Bondo, elle avait remporté trois courses en Italie, dont deux à 2ans, avant de s’envoler pour les USA et l’écurie de Jimmy Takter le 20 avril dernier. Là voilà donc au point après avoir pu se préparer tranquillement, notamment aux mains de l’entraîneur français Nicolas Roussel, qui fait partie désormais des adjoints du Suédois dans le New Jersey.

Ce n’est pas la seule nouveauté « française » outre-Atlantique puisqu’un fils de notre Ready Cash national, le 2ans Victor Gio, également venu d’Italie (où il est né, alors qu’Unica Steed est normande) a remporté sa batterie de qualification de façon impressionnante en 1’12’’6, avec les derniers 400 mètres sur le pied de 1’7’’6…

Victor Gio (Yannick Gingras), fils de Ready Cash et Ilaria Jet, comme à la parade pour sa 2ème sortie américaine...
Victor Gio (Yannick Gingras), fils de Ready Cash et Ilaria Jet, comme à la parade pour sa 2ème sortie américaine…

Fils de la championne Ilaria Jet, qui prit notamment la 2ème place du Prix d’Été de Rapide Lebel en 2010 à Vincennes sous l’entraînement de Vincent Martens (vidéo ci-dessous). Victor Gio est lui aussi entraîné par Jimmy Takter et il faut s’attendre à prochainement entendre reparler de lui aux Etats-Unis.

(©scoopdyga.com) Ilaria Jet en novembre 2010 à Vincennes.
(©scoopdyga.com) Ilaria Jet en novembre 2010 à Vincennes.

Brennan ravit le titre à Dubé !

Un an déjà que nous avons commencé à couvrir courses de Yonkers-New York ! Beaucoup de chemin parcouru et c’est le moment de remettre nos awards !

Chez les drivers, après une course en tête de près d’un an, Daniel Dubé a raté le coche de peu. Il a été détrôné mardi seulement par George Brennan, qui a signé une 25ème victoire mardi 27 octobre, lors de notre dernier rendez-vous, contre 24 pour le Québecois. Il faut dire que le duo infernal Brennan/Sears fait actuellement un festival sur les distances de 2.011 mètres, exclusives aux courses de Yonkers-New York retransmises en France. À la traîne depuis la fin de l’hiver dernier, Daniel Dubé, en revanche, peine à retrouver sur ce parcours la forme qui l’avait propulsé en tête des charts dans les premiers mois de nos retransmissions.

Andy Miller est parmi les drivers les plus réguliers à Yonkers-NewYOrk sur les parcours de 2.011m... (photo gérard forni)
Andy Miller est parmi les drivers les plus réguliers à Yonkers-NewYork sur les parcours de 2.011m… (photo Gérard Forni)

George Brennan et Brian Sears, assurément les plus doués du circuit de Yonkers, n’ont pas mis beaucoup de temps à se figurer comment s’y prendre sur ces « longues » distances et ils alignent désormais les bonnes prestations, avec chacun plus de 40% de réussite dans les trois premiers, Brennan dépassant même les 18% à la gagne avec un UDR (Universal drivers’ Rating) supérieur à 0.300, ce qui est excellent. Mais le roi de l’UDR sur les parcours à la française de Yonkers, c’est Andy Miller (photo), qui ne vient pas à chacun de nos rendez-vous mais s’y fait diablement sentir !

J-3 : Timoko & Co sur et surtout au milieu de la piste de Yonkers

Mercredi 7 octobre 2015, Yonkers (New York). – La délégation européenne était de sortie mercredi matin sur la piste et le gazon de Yonkers. En effet, compte tenu de la dureté du sol, beaucoup de visiteurs préfèrent tourner sur le gazon de l’intérieur, matelas épais et confortable d’herbe bien verte et dense –on s’y allongerait volontiers, sous le soleil matinal de New York. Continuer la lecture de « J-3 : Timoko & Co sur et surtout au milieu de la piste de Yonkers »

Yoder et Herbie, éternels challengers

L’entraîneur-driver Verlin Yoder a remporté une course unique au monde, l’année dernière au sulky de Natural Herbie : il n’y aura, en effet, jamais d’autre International Trot Preview, répétition générale de la course qui, samedi soir, se déroulera à Yonkers. Avant de se lancer dans le grand bain, les organisateurs avaient pris la température avec cette épreuve moins dotée -250.000$ contre un million cette fois-, disputée en octobre 2014. La course en question avait tout de même réuni quelques chevaux de premier plan : Commander Crowe, qui faisait sa rentrée US et allait, une semaine plus tard, remporter la Breeders’Crown, mais aussi l’ultra-rapide Sebastian K ou encore Arch Madness et la championne canadienne Bee A Magician, qui allait être très malheureuse.

En dehors pendant plus d’un tour, le coriace Natural Herbie l’avait emporté de haute lutte à 12/1…

La sélection américaine pour la grosse épreuve de cette année a longtemps été incertaine. Quelques challengers de poids préféraient rester dans le Kentucky, à l’abri des Européens, et progressivement, Natural Herbie est remonté dans les sondages jusqu’à gagner son ticket d’invitation. Il a remporté une des éliminatoires du Maple Leaf, au Canada, et s’il a été battu dans la finale, les sélectionneurs ont su faire preuve de mémoire, et inviter le lauréat de « l’édition précédente ».

1510YksYoder2Mardi matin au Tavern On The Green, chic bar-restaurant situé sur Central Park à New York, le modeste Verlin Yoder (photo ci-contre) a donc bénéficié d’une attention peu familière. Après tout, c’était des trois concurrents nord-américains à l’International Trot le seul présent pour ce tirage au sort ! Il n’est pas sans rappeler les modestes entraîneurs-drivers français qui, dans les années 80, ont eu la chance de veiller à la destinée de champions comme Idéal du Gazeau ou Lutin d’Isigny, à savoir Eugène Lefèvre ou Jean-Paul André. À la tête de petites écuries, ils n’étaient pas habitués aux castings des courses internationales de champions. Dans sa bienveillance, la destinée a veillé à donner à tous l’espoir de tomber sur une star, et c’est heureux.

Natural Herbie, pour sa part, a eu des tas d’ennuis, cette saison. Arrêté après la cours de Yonkers l’année dernière, il a mis du temps à retrouver la forme. « Il est bien revenu pour le Maple Leaf, confie Verlin Yoder, mais dans la finale, il a terminé seulement troisième, puis il a carrément mal couru la semaine suivante. J’ai découvert pourquoi ensuite : il était malade. Nous l’avons soigné et il va très bien à nouveau. Je crois qu’il est au même niveau que l’an dernier et de toute manière, il est meilleur quand il peut avoir deux semaines au minimum entre deux courses. Et puis, il faut 7 heures et demi pour aller de chez moi, dans l’Indiana, à Toronto. Deux aller-retour en une semaine, c’était beaucoup.»

Comme l’an dernier dans le Preview, Natural Herbie a hérité du 7 derrière la voiture, et la compétition semble, sur le papier, un peu meilleure. Cependant, Verlin Yoder est philosophe : « Le cheval aime la longue distance car c’est un vrai dur, qui ne lâche jamais. Après, c’est à lui de décider : soit il décide d’y aller et ça ira, soit il ne le sent pas et nous serons battus. C’est lui qui voit ! »

Hongre de 5 ans acquis par son entraîneur au début de son année de 2ans sur une piste de province, Natural Herbie a tout de même pris près de 150.000$ cette année, et en tout près de 900.000$, soit les gains de la favorite Bee A Magician pour cette saison seulement. Verlin et Herbie ont gagné le Vincennes à Meadowlands le jour du Hambletonian en 2014 (ce fut Resolve et Ake Svanstedt, cette année) alors qu’ils n’avaient jamais couru sur la piste du New Jersey. Le cheval n’était même jamais auparavant sorti de l’Indiana. Ils marchaient 1’9’’5, ce qui est toujours leur record.

Non, décidément, Natural Herbie et Verlin Yoder apparaissent souvent lorsqu’on ne les attend pas. Quoique ! Herbie, c’est le nom américain de la coccinelle VW de Disney… C’est fort à propos, avec l’adjectif « naturel », en plein scandale Volkswagen !

International Trot : Rêve d’Udon, près du doublé

Rêve d’Udon est le dernier lauréat français de l’International trot, et il a bien failli doubler la mise en 1991 lorsque la championne americano-suédoise Peace Corps est venue sur le fil le priver de la victoire. Continuer la lecture de « International Trot : Rêve d’Udon, près du doublé »